vendredi 15 septembre 2017

Parabole du serviteur impitoyable, homélie

Parabole du serviteur impitoyable, Claude Vignon, 1629
Homélie pour la paroisse de Montgauthier (Rochefort) pour le dimanche 17 septembre 2017.

Au cœur de l'évangile de ce dimanche se trouvent les thèmes fondamentaux du pardon et de la miséricorde. Pardon reçu et pardon donné. Nous sommes tous l'objet de la miséricorde divine et nous devons être des artisans de la miséricorde. Saint Alphonse proposait à ses enfants spirituels cette courte prière d'humilité et de contrition à dire au début de la méditation : Seigneur, j'ai mérité l'enfer par tous mes péchés. O Bonté infinie, je me repens du fond du cœur de t'avoir offensée. Nous avons mérité l'enfer et si nous sommes sur le chemin du salut éternel, c'est parce que Dieu, dans sa bonté infinie, nous a fait une surabondante miséricorde. Dieu, dit le pape François, ne se lasse jamais de pardonner, c'est nous qui nous lassons de demander pardon. Si nous avons conscience de la grandeur du pardon reçu, nous devons nous aussi pardonner du fond du cœur à ceux qui nous ont offensés.

samedi 9 septembre 2017

Homélie pour le vingt-troisième dimanche de l'année A

Dans la partie de l’Évangile selon saint Matthieu, d'où est tiré l'évangile de ce dimanche, Jésus nous donne un enseignement sur la vie en Église. Aujourd'hui, il aborde trois points de cette vie ecclésiale.
Le premier est celui de la correction fraternelle. Il y a un devoir de charité spirituelle, lorsqu'un de nos frères commet un péché, de le lui dire pour le persuader de se corriger. C'est en effet un vrai amour qui nous pousse à aider notre frère à sortir du péché. Faisons toutefois une remarque préalable : les personnes scrupuleuses ou à la conscience angoissée, en général, ne doivent pas se mêler de correction fraternelle, car elles feront souvent plus de mal que de bien. Ensuite Jésus nous enseigne que dans ce domaine, tout doit se faire avec la plus grande discrétion et un respect infini des personnes. Et notre façon de réagir doit être graduelle : on commencera par dire les choses en privé, puis on le fera à plusieurs, enfin on fera intervenir l'autorité de l’Église. Ce n'est donc qu'en dernier lieu qu'on passera à la sévérité et à des mesures extrêmes.

vendredi 8 septembre 2017

Nativité de Marie, homélie d'un saint orthodoxe

A l'occasion de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge, je vous propose cette homélie de saint Justin de Tchélié, un serbe du vingtième siècle.

La sainte fête que nous célébrons aujourd’hui apporte la joie à l’univers entier, comme le dit ce chant magnifique : « En ce jour, la Très Sainte Mère de Dieu introduit le Christ dans l’univers ! » Comme si Dieu avait été chassé de la terre – et Il l’a été. Dieu est chassé de la terre par nous les hommes, par notre ancêtre Ève. La Très Sainte Vierge rend Dieu au monde. C’est là la grande joie. Le tropaire du jour nous parle de cette grande joie et de cette grande vérité. La nativité de la Très Sainte Mère de Dieu, est-il dit dans le tropaire, « a annoncé la joie à l’univers », au monde entier. Pourquoi ? Parce que c’est avec Elle que le Seigneur Christ est venu dans ce monde ! Il est devenu homme à cause d’Elle et par Elle, et Il nous a donné tout ce qu’Il pouvait en tant que Dieu-homme, apportant toutes les joies du paradis sur la terre, qui était devenue un enfer en raison de nos péchés, en raison des péchés des hommes. Non pas en raison des péchés de qui que ce soit d’autre, non pas ceux du diable et de ses anges noirs, mais à cause de l’homme, car l’homme est tombé, sa chute est inexprimable. Et la Très Sainte Mère de Dieu, en engendrant le Seigneur Christ, a enfanté le salut du monde. D’où la multitude de prières, la multitude d’hymnes qui sont adressés à la Très Sainte Mère de Dieu dans l’Église orthodoxe.

vendredi 1 septembre 2017

Passe derrière moi, Satan, homélie

L'évangile de ce dimanche est la suite de celui de dimanche dernier, qui nous rapportait la confession de foi de saint Pierre et les promesses que Jésus lui fit en retour. Mais aujourd'hui le ton de Jésus à l'égard de son apôtre est tout à fait à l'opposé de celui de dimanche dernier. Jésus ne dit plus que Pierre parle sous l'inspiration du Père céleste, mais sous celle de Satan. Pierre, tout pape qu'il soit, reste donc un homme comme les autres. Tous nous devons dans notre vie chrétienne opérer ce que Saint Ignace de Loyola appelait le discernement des esprits. Lorsqu'une pensée germe dans notre esprit, il faut discerner si elle vient du bon esprit ou du mauvais. Pierre a reconnu en Jésus, le Christ, le Fils du Dieu vivant, mais maintenant il refuse l'idée d'un Christ qui sauverait le monde par ses souffrances et par une mort humiliante. La foi de Pierre est réelle mais elle n'est pas encore parfaite et complète. Ce n'est qu'avec le don du Saint-Esprit à la Pentecôte, que tout deviendra enfin clair pour lui. Il deviendra alors vraiment apôtre du Christ, mort et ressuscité pour le salut du monde.

dimanche 27 août 2017

La confession de foi de saint Pierre, homélie


Homélie prononcée à la paroisse de Conneux (Ciney), à la messe anticipée du samedi soir, le 26 août 2017.

Depuis plusieurs mois déjà, Jésus parcourait la Galilée. Il annonçait l’Évangile, guérissait les malades, chassait les démons, pardonnait les péchés. Il donnait ainsi des signes de sa mystérieuse origine et de la venue du Royaume. Il avait appelé ses apôtres, les avait instruits, formés et envoyés en mission dans les villages. Ceux-ci apprenaient ainsi à connaître de mieux en mieux qui était vraiment Jésus. Et nous en arrivons à un tournant capital de la vie de Notre Seigneur, le moment où il va interroger ses compagnons sur leur foi personnelle : Pour vous qui suis-je ?
Saint Pierre va répondre au nom de tous : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Pierre adhère ainsi au Christ, reconnaît qu'il est le Messie attendu par Israël. C'est la foi de l’Église que Pierre proclame, la foi qui est encore la nôtre aujourd'hui. Car si nous sommes ici, c'est bien parce que nous croyons, que cet homme qui est passé parmi nous, Jésus de Nazareth, est le Fils éternel de Dieu, qu'il est Dieu, créateur du ciel et de la terre, avec son Père et le Saint-Esprit, qu'il s'est fait homme pour venir nous faire connaître le mystère de Dieu et son dessein sur les hommes et pour donner sa vie, afin que nos péchés soient pardonnés et que nous recevions ainsi la vie éternelle.

samedi 5 août 2017

Transfiguration, homélie

Homélie prononcée à la paroisse de Montgauthier (Rochefort) le 6 août 2017.

Jésus prend avec lui à l'écart sur une haute montagne trois de ses apôtres. Nous aussi Jésus nous invite parfois à nous mettre à l'écart, pour être seul en sa divine compagnie, pour un temps de prière et de méditation. Élisabeth Leseur, dans son cahier de résolutions, avait écrit ceci : « La méditation est nécessaire à mon âme ; c'est l'aliment quotidien, sans lequel ma vie spirituelle s'affaiblirait. La méditation prépare le labeur du jour ; être seule à seul avec Dieu nous aide ensuite à être au milieu des hommes et à leur distribuer un peu de notre provision matinale ».
Jésus fut transfiguré devant ses trois disciples. Une lumière surnaturelle émana de toute sa personne. Dans les icônes orientales, une auréole de lumière entoure les visages des saints. C'est la lumière de leur sainteté. Mais dans le cas du Christ, il y a trois lettres écrites en grec dans l'auréole : O Ôn, ce qui veut dire « Celui qui est », le nom sous lequel Dieu s'est révélé à Moïse. Cela signifie que la lumière qui émane de Jésus n'est pas seulement la lumière de la sainteté, mais celle de la divinité éternelle. Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, comme nous allons encore le proclamer dans le credo.

vendredi 4 août 2017

Le curé d'Ars

En cette fête de saint Jean-Marie Vianney, je vous partage une dizaine de paroles du saint Curé:

« Allez de monde en monde, de richesse en richesse, vous ne trouverez pas votre bonheur. La terre entière ne peut pas plus contenter une âme immortelle qu’une pincée de farine, dans la bouche d’un affamé, ne peut le rassasier. »

« La prière est une rosée embaumée ; mais il faut prier avec un cœur pur pour sentir cette rosée. »

« La Miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé : elle entraîne les cœurs sur son passage. »

« Nos fautes sont des grains de sable à côté de la grande montagne des miséricordes de Dieu. »

« On n’entre pas dans une maison sans parler au portier ! Eh bien, la sainte Vierge est la portière du Ciel ! »

« Celui qui a conservé l’innocence de son baptême est comme un enfant qui n’a jamais désobéi à son père. »