Voici une conférence que j'ai faite récemment aux oblats du monastère de Chevetogne sur la prière de saint Ephrem. J'ai gardé le style oral de ce texte.
Le Père
Philippe m’a demandé de vous parler de la prière de St Ephrem,
bien que je ne sois pas un byzantin ici, si ce n’est que je vais de
temps en temps aux offices comme vous le savez et puisque au moins le
dimanche, le samedi soir et une fois dans la semaine au moins, nous
allons tous à l’église byzantine.
Je
vais donc essayer de vous en parler. Alors, la prière que l’on
appelle de Saint Ephrem, d’après les historiens, elle n’est
probablement pas de Saint Ephrem lui-même parce que l’on a
seulement des versions en grec ou en vieux slave. Alors que Saint
Ephrem était un père de l’église du 4ème
siècle qui écrivait en syriaque, il n’était ni un père latin ni
un père grec mais un père oriental. A l’époque tout cela faisait
une seule et même Église, il n’y avait pas encore les séparations
qu’il y a maintenant. On pense donc que ce n’est pas lui qui l’a
écrite mais plutôt que cela fait partie d’une tradition, d’un
corpus de textes qui se réclament de lui. Comme c’est souvent le
cas dans l’antiquité, à partir du moment où quelqu’un avait
une certaine aura, on mettait sur son compte des textes dans le genre
de sa pensée.
Enfin, on
l’appelle la prière de Saint Ephrem. Elle n’est pas très longue
et c’est une prière qui est utilisée dans le rite byzantin
uniquement en Carême, elle est vraiment typique du Carême. Bien
sûr, elle peut être utilisée dans la prière personnelle pendant
le temps de Carême parce qu’elle exprime un peu la pénitence du
Carême mais elle est utilisée dans la liturgie.