vendredi 1 mars 2019

Brève homélie pour le dimanche 8 de l'année C (Luc 6, 39-45)

Dans l'évangile de ce dimanche, il y a trois points à considérer dans l'enseignement de Jésus.

Le premier est que nous ne devons pas prendre un aveugle comme guide spirituel. Si nous voulons vivre une vie chrétienne vraiment profonde, nous avons besoin d'un guide spirituel qui fasse office de confesseur, ce qu'on appelait naguère un directeur de conscience, afin qu'il nous aide à nous corriger de nos défauts et à discerner ce que Dieu veut vraiment pour nous, quand nous nous posons des questions sur notre vie. Mais n'oublions pas aussi notre ange gardien. Il est lui dans la lumière même de Dieu. Prions-le souvent et faisons silence pour entendre ce qu'il nous conseille et nous suggère.

vendredi 8 février 2019

La pêche miraculeuse homélie

Jésus enseigne la foule depuis la barque de Pierre. Cette barque symbolise bien l’Église, avec le pape, successeur de saint Pierre, à sa tête. Cela nous rappelle que c'est maintenant par l’Église que Jésus nous enseigne ce que nous devons croire ou faire pour obtenir la vie éternelle. Le catéchisme de Belgique disait cela très bien : La doctrine chrétienne, dont le catéchisme est le résumé, est la doctrine que Jésus-Christ est venu annoncer au monde, que les apôtres ont prêchée et que l’Église continue à enseigner.
Après avoir donné son enseignement, Jésus va opérer le miracle de la pêche miraculeuse. Les miracles sont une autre façon d'enseigner de Jésus-Christ. Il donne ici une parole pour les futurs apôtres : Jetez vos filets. Et Jésus dit à Pierre : A partir de maintenant ce sont des hommes que tu prendras.
On commence à être apôtre, coopérateur du Christ, quand on fait plus que de rendre des services dans une institution ou une paroisse, quand on accepte d'être responsable des personnes : pêcheur d'hommes.

samedi 24 novembre 2018

Le Christ-Roi, homélie

En 1925, le pape Pie XI publiait l'encyclique Quas Primas, dans laquelle il instituait la fête du Christ-Roi. Il voulait ainsi rappeler que Notre-Seigneur devait régner non seulement sur nos cœurs, mais aussi sur les sociétés humaines et condamnait le laïcisme des États modernes, qui se répandait de plus en plus. De nos jours notre monde moderne vit la sécularisation à outrance. Nos contemporains vivent dans une société où Dieu est devenu totalement absent. La situation s'est donc aggravée tout particulièrement.

lundi 12 novembre 2018

La prière du cœur (7)

La pratique de la prière de Jésus (suite)

Souvent la pratique de la prière monologique, avec sa facilité et sa simplicité, nous procurera des états intérieurs caractérisés par la joie spirituelle, la lumière intérieure et la consolation de l'âme. On sait que sainte Thérèse d'Avila déconseillait aux âmes mélancoliques (nous dirions aujourd'hui dépressives) de pratiquer trop longuement la forme d'oraison qu'elle enseignait. Le danger d'une oraison discursive est en effet celui de se centrer sur son moi et d’aggraver ainsi son état de mal-être. Par contre, l'invocation du Nom divin nous décentre de nous-même et nous centre sur le Christ. Aussi la prière de Jésus est à conseiller comme chemin d'oraison à tous ceux, nombreux de nos jours, qui ont l'âme déprimée, abattue ou tourmentée. 

jeudi 8 novembre 2018

La prière du cœur (6)

La pratique de la prière de Jésus (suite)

Je voudrais d'abord rappeler que si quelqu'un se trouve bien dans les méthodes classiques de méditation ou d'oraison discursive, comme celles enseignées par saint Ignace de Loyola, sainte Thérèse d'Avila ou saint François de Sales, il ne doit pas changer sa manière de faire. Il faut demeurer fidèle à la grâce que Dieu nous fait. De même, dans la vie monastique, il importe de rester fidèle à la lectio divina, à la rumination de la Parole, pour nourrir notre âme de la connaissance de ce Dieu que nous trouverons ensuite dans la prière. Dans ces méthodes classiques, il arrive parfois que l'on connaisse la sécheresse, l'aridité ou la désolation intérieure. A ce moment-là la prière de Jésus pourra être une roue de secours qui permettra de pratiquer une oraison fructueuse. En outre après une longue période de vie de prière, il arrive souvent qu'à un moment donné, on se trouve dans l'impuissance à méditer comme on le faisait auparavant, que même on ne puisse plus faire d'actes explicites de prière. Cette étape est bien connue des auteurs qui ont disserté sur l'oraison mentale. C'est alors le signe que Dieu nous appelle à une oraison beaucoup plus simple, ce qu'au XVIIe siècle, on appelait l'oraison de simple regard, une oraison où le silence prend la première place et où on se contente d'une attention aimante à la divine présence, sans plus faire d'acte explicite de prière. Dans cette situation, la prière de Jésus sera une voie excellente pour aller vers la prière silencieuse, car la brève répétition d'une formule, voire du seul nom de Jésus, sera la parole qui ne fera plus que nourrir un silence intérieur. On connaît la fameuse histoire du Père Chaffangeon, à Ars au temps du saint curé, qui restait en silence devant le tabernacle de longs moments et qui, à la question posée par le saint curé; "Mais que faites-vous donc lorsque vous êtes à l'église?", répondit: "Oh rien, monsieur le curé, je l'avise et il m'avise".